25 mai : Journée mondiale de la thyroïde

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Publié le 25/05/26 à 09:00 dans Actus

La thyroïde, petite glande en forme de papillon située à la base du cou, produit principalement deux hormones : la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine), qui agissent comme des chefs d’orchestre du métabolisme en régulant : la dépense énergétique, la température corporelle, le rythme cardiaque, la digestion, l’humeur et la fertilité.

Quand elle fonctionne bien, tout semble fluide mais quand elle est déréglée, on peut se sentir fatiguée, frileuse, irritable voire dépressive, perdre du poids sans comprendre pourquoi, avoir des douleurs articulaires... (signes d'hypothyroïdie) ou à l'inverse transpirer abondamment et avoir des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, de la nervosité, des troubles du cycle menstruel ou perdre du poids malgré un appetit normal (signes d'hyperthyroïdie). (1)

En cette journée de sensibilisation et de prévention aux troubles thyroïdiens, essayons d’explorer des pistes concrètes et accessibles pour prendre soin de votre thyroïde grâce à la naturopathie.

1) Tout commence dans l’assiette…

La base pour prendre soin de sa thyroïde naturellement passe par ce que l’on met dans son assiette. L’alimentation influence directement l’inflammation, la conversion des hormones et la qualité du microbiote : trois leviers majeurs pour soutenir cette glande.

Le modèle méditerranéen (légumes colorés, poissons gras, oléagineux, huile d’olive, céréales complètes) est celui qui rassemble le plus de preuves pour soutenir la fonction thyroïdienne et l’immunité. (2)

La plupart des troubles thyroïdiens, et en particulier les formes auto‑immunes comme Hashimoto, s’accompagnent d’une inflammation locale et systémique qui fragilise le tissu thyroïdien et perturbe la conversion de la T4 en T3, la forme active de l’hormone. Réduire l’inflammation aide donc à préserver la glande, à améliorer l’énergie et la régulation métabolique tout en limitant les signaux immunitaires qui entretiennent l’atteinte auto‑immune.

 

Les micronutriments clés à connaître

Pour permettre le bon fonctionnement de la thyroïde, un apport optimal de certains micronutriments est indispensable.

  • Iode : indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Fruits de mer, crustacés et algues apporteront la dose journalière, mais attention aux excès (compléments) qui peuvent aggraver certaines pathologies auto‑immunes. (3)

  • Sélénium : antioxydant et cofacteur des enzymes de conversion de l’hormone T4 en T3. Une à deux noix du Brésil par jour couvrent généralement les besoins quotidiens. Inutile d’en abuser, le sélénium a une faible marge entre la dose efficace et la dose toxique. (4)

  • Zinc : essentiel à la synthèse hormonale et à la fonction immunitaire. On le retrouve dans : huîtres, germe de blé, viandes, levure déshydratée, graines de courge. Le zinc favorise la conversion et la sensibilité aux hormones. (5)

  • Vitamine D : modulatrice du système immunitaire et corrélée aux maladies auto‑immunes. On la retrouve dans : anguille fumée, harengs, sardines, viande hachée, œufs, avocat. Mais la principale source reste l’exposition solaire. (5)

  • Magnésium : impliqué dans la production d’énergie, la gestion du stress et la régulation hormonale. On le retrouve dans : légumes verts, céréales complètes, légumineuses, amandes et noix. Le magnésium aide aussi à améliorer le sommeil et la récupération, deux facteurs importants pour la thyroïde. (5)

  • Fer : nécessaire à la synthèse hormonale et à la conversion de l’hormone T4 en T3. Une carence peut aggraver la fatigue. On le retrouve dans : boudin noir, foie, viandes rouges, coquillages, lentilles vertes. Pensez à optimiser son absorption en consommant des sources de vitamine C au cours du repas. (5)

  • Tyrosine : acide aminé précurseur direct des hormones thyroïdiennes (iode + tyrosine → T4/T3). On le trouve dans : amandes, avocats, bananes, graines, fromages à pâte dure, œufs, poissons, volailles. (5)

  • Vitamine A : importante pour la différenciation cellulaire et la santé des muqueuses. Elle intervient indirectement dans l’équilibre thyroïdien. On la retrouve dans : foie et abats (attention aux excès en cas de grossesse), carotte, mangue, patate douce, épinards. (5)

 

Aliments à limiter ou consommer avec prudence

A l'inverse, certains produits sont à éviter. Le Dr Pierre Nys, dans son ouvrage Ma bible de la thyroïde (6), liste les aliments susceptibles de perturber le bon fonctionnement thyroïdien :

  • Aliments ultra‑transformés, sucres ajoutés et graisses oxydées qui favorisent l’inflammation systémique.

  • Excès d’iode (algues, compléments) sans avis médical.

  • Alcool, café, chocolat : en excès, ils perturbent le sommeil, augmentent le stress oxydatif et peuvent amplifier l’anxiété ou les palpitations chez les personnes thyroïdiennes ; modère leur consommation et observe leur effet sur ton énergie.

  • Les crucifères crus (brocoli, chou, chou‑fleur, chou kale…) contiennent des composés dits goitrogènes (glucosinolates) qui peuvent gêner l’utilisation de l’iode en cas de carence sévère. Cuits et consommés en quantité raisonnable, ils restent des légumes très nutritifs et anti‑inflammatoires.

  • Soja : contient des phytoœstrogènes qui peuvent interférer avec l’absorption de la lévothyroxine si consommé au même moment. Privilégiez les produits fermentés (tofu lactofermenté, miso, tempeh) et évitez les gros apports concentrés sans avis médical.

  • Thé et café : les tanins du thé (surtout noir) et la caféine peuvent réduire l’absorption du fer. Bien que le thé vert apporte des antioxydants utiles, limitez sa consommation ainsi que celle du café après le repas si vous êtes sensible à la carence en fer.

En cas de prise de lévothyroxine, le Dr Pierre Nys attire l’attention sur le moment de prise du médicament. Il conseille d’attendre 30 à 60 minutes avant de manger après la prise, ou prendre le médicament à jeun le matin. Evitez aussi de le prendre en même temps que des suppléments de fer, calcium ou certains aliments riches en fibres qui réduisent son absorption. En cas d’auto‑immunité, je recommande une approche individualisée.

 

2) Soutenir sa thyroïde naturellement

Gestion du stress

Quand le stress devient chronique, la conversion de la T4 en T3 ralentit et l’inflammation systémique augmente, ce qui fatigue la thyroïde.

Intégrez des pratiques courtes et régulières de relaxation dans votre journée, en gardant en mémoire que la constance l’emporte sur l’intensité ponctuelle. Commencez par une pratique quotidienne de 5 minutes et augmentez progressivement : cohérence cardiaque 3×5 minutes, respiration diaphragmatique au réveil ou avant un repas, marche consciente dès que possible, méditation, utilisation d’huile essentielle…

La relaxation abaisse rapidement la réactivité physiologique, améliore la qualité du sommeil et favorise une meilleure régulation hormonale. Un accompagnement spécifique (par ex : naturopathe, sophrologue, psychothérapeute) peut être utile si le stress est ancien ou envahissant.

 

Sommeil et rythme circadien

Le sommeil est essentiel à la fonctionnalité des hormones : un rythme régulier optimise la communication entre hypothalamus, hypophyse et thyroïde.

  • Adoptez une routine le soir : diminuez les écrans 60 à 90 minutes avant le coucher, lumière tamisée dès le coucher du soleil, activité relaxante (lecture, bain, respiration) et évitez excitants tardifs (café, thé fort, alcool).

  • Exposez-vous à la lumière naturelle dès que possible le matin pour recalibrer votre horloge interne. Cela aide la sécrétion hormonale et la vigilance.

En cas de troubles du sommeil persistants, pensez à évaluer le stress, la douleur, l’apnée du sommeil ou les effets secondaires médicamenteux avec un professionnel de santé.

 

Santé intestinale

Le microbiote module l’immunité, influence l’absorption des micronutriments et, quand il se dérègle, peut favoriser une hyperperméabilité intestinale qui entretient l’auto‑immunité. Un apport suffisant en fibres diversifiées et des aliments fermentés (yaourt, kombucha, kéfir, légumes lactofermentés) aide à prendre soin de sa thyroïde sur le long terme.

Le transit est directement impacté par les troubles thyroïdiens (constipation fréquente en cas d’hypothyroïdie, transit accéléré en cas d’hyperthyroïdie). Travailler sur la régularité du transit améliore aussi l’absorption des micronutriments et la conversion hormonale.

 

Perturbateurs endocriniens

Les substances chimiques (PFAS, phtalates, bisphénols, certains pesticides, métaux toxiques) peuvent perturber la signalisation hormonale et fragiliser la thyroïde (7). Privilégiez des gestes simples et efficaces :

  • évitez de chauffer des aliments dans du plastique
  • choisissez des contenants en verre ou inox (pas d'aluminium)
  • limitez les cosmétiques et produits ménagers contenant des parfums ou ingrédients synthétiques
  • évitez les dentifrices au fluor (8)
  • lavez soigneusement les fruits et légumes

Notons début 2026, l’Anses a proposé de classer le fluorure de sodium comme perturbateur endocrinien pour la santé humaine (catégorie 1) et substance toxique pour la reproduction (catégorie 1B) (9).

Réduire l’exposition n’élimine pas le risque mais diminue la charge toxique cumulée et soutient la résilience de ton système endocrinien. Si tu es concernée par une exposition professionnelle ou environnementale importante, un bilan ciblé et un accompagnement spécialisé peuvent être envisagés.

 

Phytothérapie

Certaines plantes peuvent soutenir la gestion du stress et la fatigue : la rhodiole (Rhodiola rosea L.) pour la performance mentale (10), l’ashwagandha (Withania somnifera) pour la modulation au stress, les capacités mentales et le sommeil (11), ou des plantes apaisantes comme la passiflore (Passiflora incarnata L.) pour la qualité du sommeil (12).

NB : Utilisez la phytothérapie comme un outil complémentaire, jamais de façon isolée. Attention aux interactions avec les traitements thyroïdiens et aux contre‑indications (grossesse, pathologies spécifiques). La phytothérapie est utile pour améliorer la qualité de vie, mais elle doit rester personnalisée et encadrée.

 

Le mot de la fin…

Prendre soin de ta thyroïde avec la naturopathie, c’est d’abord revenir à l’essentiel : une assiette riche en nutriments utiles, une gestion du stress qui apaise, un sommeil réparateur, du mouvement adapté et des gestes simples pour réduire votre charge toxique au quotidien.

Ce n’est pas une solution miracle mais une démarche cohérente et progressive qui soutient ce petit papillon, améliore l’énergie et complète le suivi médical. En adoptant ces petits changements durables, vous donnez à votre corps les meilleures chances de retrouver de l’équilibre.

 

Par Julie MATHEUDI, Naturopathe Éducatrice de Santé OMNES, accompagnement bien-être digestif et alimentation – www.juliematheudi.fr

 

Disclaimer 

Les conseils fournis ici ne sauraient se substituer à un avis médical, la naturopathie s’inscrit dans une démarche de complémentarité, n’arrêtez jamais un traitement en cours sans l’autorisation de votre médecin qui est le seul habilité à poser un diagnostic, prescrire ou modifier un traitement allopathique.

La Naturopathie repose sur l’art de rester en bonne santé, d’être acteur de sa santé et prendre soin de soi par des moyens naturels. Elle englobe l’individu sur toutes les dimensions de l’être :  physique, énergétique, émotionnel, mental, socioculturel et planétaire (écologie).

Pour trouver un naturopathe OMNES à proximité de chez vous, consultez le site naturopathe.net.

 

Références

(1) Association des médecins endocrinoloques du Québec, L'hypo et l'hyperthyroïdie, https://www.ameq.qc.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=26&Itemid=230&lang=fr 

(2) Ruggeri, R.M., Virili, C., Mocini, E. et al. The role of nutrition on thyroid health and disease: myths and facts. J Endocrinol Invest (2026). https://doi.org/10.1007/s40618-026-02852-0

(3) Iode : pourquoi et comment en consommer ? | Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

(4) Bárbara R. Cardoso, Graziela B. Silva Duarte, et al. Brazil nuts: Nutritional composition, health benefits and safety aspects, Food Research International, Volume 100, Part 2, 2017, Pages 9-18, ISSN 0963-9969, https://doi.org/10.1016/j.foodres.2017.08.036

(5) ANSES, Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, 21/02/2025, consulté le 28/04/2026

(6) Dr Pierre Nys, Ma bible de la thyroïde, Edition LEDUC, 2020

(7) Françoise Brucker-Davis, Sylvie Hiéronimus, Patrick Fénichel. Thyroïde et environnement. La Presse Médicale, Volume 45 (2016).

(8) Wang M, Liu L, Li H, et al. Thyroid function, intelligence, and low-moderate fluoride exposure among Chinese school-age children. Environ Int. 2020;134:105229. doi:10.1016/j.envint.2019.105229

(9) ANSES, Fluorure de sodium : proposition de classement comme perturbateur endocrinien et toxique pour la reproduction, anses.fr/fr/content/fluorure-de-sodium-proposition-de-classement-comme-perturbateur-endocrinien-et-toxique-pour

(10) https://www.wikiphyto.org/wiki/Rhodiola_rosea

(11) https://www.wikiphyto.org/wiki/Withania_somnifera

(12) https://www.wikiphyto.org/wiki/Passiflore_officinale

 


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