9 mars : Journée Mondiale des Reins
Prendre soin de ses reins : une approche naturopathique pour une santé durable
Les reins, ces organes vitaux en forme de haricot, jouent un rôle central dans la purification du sang, l’équilibre hydrique et minéral et la production d’hormones. Pourtant, ils sont souvent négligés jusqu’à ce que des troubles sérieux apparaissent. La naturopathie, discipline holistique qui vise à soutenir la santé par des moyens naturels, offre une approche précieuse pour préserver et renforcer la fonction rénale. Cet article explore les fondements de la santé des reins selon la naturopathie, en proposant des conseils pratiques.
Le rôle fondamental des reins dans notre organisme
Les reins filtrent environ 120 à 150 litres de sang par jour, éliminant les déchets, les toxines et l’excès d’eau par l’urine. Ils participent aussi à la régulation de la pression artérielle, à la production de globules rouges via l’érythropoïétine, et à l’équilibre acido-basique. Leur bon fonctionnement est donc indispensable à l’homéostasie, cet équilibre interne qui garantit notre santé.
En naturopathie, les reins sont aussi perçus comme des organes liés à l’énergie vitale. Une défaillance rénale peut se traduire par une fatigue chronique, des troubles du sommeil, ou des déséquilibres émotionnels.
Les causes fréquentes de déséquilibre rénal
Plusieurs facteurs peuvent fragiliser les reins, notamment :
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Une alimentation trop riche en sel (1)
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Une consommation élevée de protéines animales (non laitières) pour les personnes ayant une insuffisance rénale, même légère (2)
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Les aliments transformés, qui surchargent la filtration rénale (3)
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La déshydratation chronique, même légère, peut constituer un facteur de risque dans la progression de tous les types de maladies rénales chroniques (4)
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L’exposition prolongée aux toxines (polluants, médicaments, alcool) (5)
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Le stress et les émotions non gérées (peur notamment) (6)
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Le manque d’activité physique, qui ralentit la circulation sanguine et lymphatique (7)
>> La naturopathie propose d’agir sur ces causes en combinant hygiène de vie, alimentation adaptée, phytothérapie, et techniques de gestion du stress.
Alimentation : alcaliniser le terrain et équilibrer les oxalates
Dans l’approche naturopathique, l’alimentation est un levier majeur pour soutenir la fonction rénale. Cependant les conseils classiques sur la consommation de fruits et légumes - aliments favorables à l’alcalinisation du terrain - sont à analyser plus finement.
En effet il est essentiel de comprendre le rôle des oxalates, des composés naturels présents dans de nombreux aliments, et leur impact potentiel sur la santé.
Les oxalates sont des substances organiques que l’on trouve dans une grande variété de plantes, notamment : les épinards, la betterave, le cacao, les amandes, le thé (noir, vert), le sarrasin. Ces plantes sont par ailleurs riches en fibres, anti-oxydants et micronutriments.
S’ils sont en excès dans l’organisme, les oxalates peuvent se lier au calcium pour former des cristaux d’oxalate de calcium, qui sont la cause la plus fréquente de calculs rénaux. De manière plus large, les oxalates ont la capacité de se lier aux minéraux (calcium, magnésium…) et d’empêcher leur utilisation au niveau cellulaire, créant ainsi des carences préjudiciables au bon fonctionnement des tissus et des organes. Une consommation excessive d’oxalates peut ainsi conduire à une déminéralisation.(8)
La naturopathie recommande une approche équilibrée, car les aliments riches en oxalates contiennent aussi souvent des nutriments précieux. Voici quelques conseils pratiques :
- Modérez la consommation des aliments très riches en oxalates (épinards, blettes, quinoa, oseille, carottes, amandes, noix, cacao, thé, rhubarbe, betterave, sarrasin, graines de pavot, de chia, de sésame, persil, ciboulette, poivre noir) sans les exclure totalement.
- Favorisez les légumes et fruits de saison pauvres en oxalates, notamment endives, salade, courgettes, chou-fleur, brocoli, champignons, laitue, pomme, poire, abricot, cerise, pêche, melon, pastèque, banane, raisin, mangue...
> > Liste détaillée et quantité d’oxalate par aliment sur https://oxalate.org/ (en anglais)
Assurez un bon apport en protéines et minéraux en consommant
- régulièrement des produits animaux de qualité (élevés en bio, circuits courts) : viande, abats, poissons et fruits de mer, œufs, yaourt fermenté, fromage (1 portion de laitage par jour maximum)
- des céréales complètes (avec modération), en privilégiant celles à faible teneur en oxalates (avoine, riz).
- des légumineuses que vous aurez fait tremper au moins 12h, et consommez avec modération selon la tolérance individuelle. Pelez les pommes de terre.
Tout cela vous semble compliqué ? Pour éviter le casse-tête, variez au maximum vos sources alimentaires (bio, locales et de saison bien-sur) pour éviter une surcharge répétée en oxalates.
Hydratation : un pilier de la santé rénale
L’hydratation est tout aussi cruciale : boire suffisamment d’eau tout au long de la journée (1,5 à 2,5L) permet de maintenir un bon débit urinaire, évitant la concentration de toxines.
Étant donné les nombreuses pollutions de l’eau, filtrez votre eau de boisson ainsi que celle que vous utilisez pour la cuisson (ex : bâton de charbon actif dans une carafe, filtre gravitaire à base de céramique et/ou charbon actif).
Quelles plantes pour soutenir les reins ?
La phytothérapie occupe une place importante dans l’approche naturopathique. Certaines plantes sont reconnues pour leurs propriétés diurétiques, dépuratives et anti-inflammatoires, pouvant favoriser la santé rénale lorsqu’elles sont utilisées de manière appropriée :
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Busserole (Arctostaphylos uva-ursi) : puissant antiseptique urinaire, anti-inflammatoire, litholytique (des calculs urinaires) (9)
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Orthosiphon (Orthosiphon stamineus) : diurétique, diminue l’urémie et la créatinémie, anti-inflammatoire (9)
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Piloselle (Heracium pilosella) : diurétiue, augmente l’élimination urinaire des chlorures de l’acide urique et de l’urée, antibactérienne (sur cystites à Escherichia coli) (9)
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Pissenlit racine (Taraxacum campylodes) : diurétique et anti-inflammatoire (9)
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Bouleau blanc feuille (Betula alba) : diurétique, anti-inflammatoire, antiseptique urinaire et dépuratif (9)
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Bruyère (Calluna vulgaris) : diurétique, antiseptique et anti-inflammatoire urinaire, sédative des voies urinaires, décongestionnante du petit bassin, dépurative et désintoxicante. Également anti-inflammatoire de la prostate. (9)
Ces plantes doivent être utilisées avec précaution, sous conseil d’un professionnel, car une mauvaise utilisation peut aggraver certains troubles. Si vous souhaitez vous lancer dans une cure drainante, n’oubliez pas de boire de l’eau en grande quantité (1,5 à 2L par jour) en plus des tisanes de plantes que vous consommerez.
Activité physique et gestion du stress : des alliés précieux
L’exercice régulier stimule la circulation sanguine, ce qui favorise l’irrigation des reins et leur bon fonctionnement. Un mode de vie actif apparaît comme une pierre angulaire de la prévention de l'insuffisance rénale chronique. (10) Les exercices d’intensité modérée, pratiqués sur le long terme comme la marche, le vélo ou la natation sont particulièrement recommandés à titre préventif.
Le stress chronique, quant à lui, peut perturber la fonction rénale via la production excessive de cortisol et d’adrénaline (6), les hormones du stress.
La naturopathie encourage des pratiques comme la méditation, la relaxation et/ou des pratiques respiratoires pour cultiver un équilibre psycho-émotionnel bénéfique aux reins.
En résumé
La santé des reins est un pilier fondamental de notre bien-être global. La naturopathie offre une approche intégrative et complémentaire, visant à prévenir et soulager les troubles rénaux par une hygiène de vie adaptée, une alimentation équilibrée, des plantes bien choisies, et une gestion consciente du stress.
Prendre soin de ses reins, c’est comme entretenir un jardin : avec patience, progressivement, en observant et en s’adaptant, on cultive une santé durable et une bonne vitalité.
Si vous souhaitez approfondir cette thématique ou recevoir des conseils personnalisés, n’hésitez pas à consulter un.e naturopathe qualifié.e, qui saura vous accompagner vers un mieux-être global.
Gaëlle KIERSNOWSKI, naturopathe Éducatrice de Santé OMNES à Etoile-sur-Rhône (Drôme), www.gknaturo.fr, 06 26 45 48 06
Clause de non-responsabilité
Les conseils fournis ici ne sauraient se substituer à un avis médical, la naturopathie s’inscrit dans une démarche de complémentarité, n’arrêtez jamais un traitement en cours sans l’autorisation de votre médecin qui est le seul habilité à poser un diagnostic, prescrire ou modifier un traitement allopathique.
La Naturopathie repose sur l’art de rester en bonne santé, d’être acteur de sa santé et prendre soin de soi par des moyens naturels. Elle englobe l’individu sur toutes les dimensions de l’être : physique, énergétique, émotionnel, mental, socioculturel et planétaire (écologie).
Pour trouver un naturopathe OMNES à proximité de chez vous, consultez le site naturopathe.net.
Références
(1) Boero R, Pignataro A, Quarello F. Salt intake and kidney disease. J Nephrol. 2002 May-Jun;15(3):225-9. PMID: 12113591.
(2) Knight EL, Stampfer MJ, Hankinson SE, Spiegelman D, Curhan GC. The impact of protein intake on renal function decline in women with normal renal function or mild renal insufficiency. Ann Intern Med. 2003 Mar 18;138(6):460-7. doi: 10.7326/0003-4819-138-6-200303180-00009. PMID: 12639078.
(3) Leonberg KE, Maski MR, Scott TM, Naumova EN. Ultra-Processed Food and Chronic Kidney Disease Risk: A Systematic Review, Meta-Analysis, and Recommendations. Nutrients. 2025 Apr 30;17(9):1560. doi: 10.3390/nu17091560. PMID: 40362869; PMCID: PMC12073181.
(4) Roncal-Jimenez C, Lanaspa MA, Jensen T, Sanchez-Lozada LG, Johnson RJ. Mechanisms by Which Dehydration May Lead to Chronic Kidney Disease. Ann Nutr Metab. 2015;66 Suppl 3:10-3. doi: 10.1159/000381239. Epub 2015 Jun 18. PMID: 26088040.
(5) Soderland P, Lovekar S, Weiner DE, Brooks DR, Kaufman JS. Chronic kidney disease associated with environmental toxins and exposures. Adv Chronic Kidney Dis. 2010 May;17(3):254-64. doi: 10.1053/j.ackd.2010.03.011. PMID: 20439094.
(6) Bruce MA, Griffith DM, Thorpe RJ Jr. Stress and the kidney. Adv Chronic Kidney Dis. 2015 Jan;22(1):46-53. doi: 10.1053/j.ackd.2014.06.008. PMID: 25573512; PMCID: PMC4871619.
(7) Zhang L, Liu F, Li M, Fan Y. Sedentary behavior and risk of chronic kidney disease: a systematic review and meta-analysis. Int Urol Nephrol. 2025 Sep;57(9):2917-2926. doi: 10.1007/s11255-025-04536-9. Epub 2025 Apr 25. PMID: 40281378.
(8) Sally K. Norton, Toxic Veggies, Et si des dizaines de super-aliments étaient la cause de vos problèmes de santé ? Souccar Editions, 2025
(9) Karine Jacquemard, Le grand guide de la phytothérapie au quotidien, Rustica éditions, 2022
(10) Valenzuela PL, Castillo-García A, Saco-Ledo G, Santos-Lozano A, Lucia A. Physical exercise: a polypill against chronic kidney disease. Nephrol Dial Transplant. 2024 Aug 30;39(9):1384-1391. doi: 10.1093/ndt/gfae062. PMID: 38460948.