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Laurent FEGE
Le 22 février 2020
7 conséquences du manque de sommeil

7 conséquences du manque de sommeil

Surpoids, diabète, maladies cardiovasculaires, problèmes digestifs… voilà quelques-unes des conséquences d'un manque de sommeil ou d'un sommeil de mauvaise qualité.

Lorsqu’on demande aux politiques ou à certains intellectuels comment ils parviennent à faire autant de choses, ils répondent classiquement « je dors peu ». Et dans un monde où la lumière artificielle ne fait pas défaut, il peut être tentant de grignoter son temps de repos nocturne. C’est ainsi que certaines personnes en viennent à dérégler complètement leurs cycles naturels et à accumuler le manque de sommeil (environ 17% des Français).

D’autres dorment mal depuis des années, sans trouver de solution, à cause d’une apnée du sommeil non diagnostiquée ou d’insomnies chroniques (qui concernent 12% des Français). Et sans le savoir, tous mettent leur santé en danger. En effet, selon une étude parue dans le journal Sleep Medicine en août 2016 qui a analysé 153 études sur le sommeil comprenant en tout plus de 5 millions de personnes, une durée de sommeil courte est associée à une plus grande mortalité (c’est le lien le plus fort trouvé), au diabète, à l’hypertension, aux maladies cardiovasculaires et à l’obésité (1). Voyons plus en détail, études scientifiques à l’appui, les conséquences d’un manque de sommeil chronique sur la santé.

Le surpoids

C’est sans doute le résultat du manque de sommeil le plus documenté : quand on ne dort pas assez, on grossit. Cela s’expliquerait principalement par le fait que l’on a alors tendance à manger plus, et plus particulièrement des aliments caloriques. Et comme on bouge pareil, voire moins, cela aboutit à une prise de poids. Selon une méta-analyse d’études sur les conséquences d’une privation partielle de sommeil sur l’équilibre énergétique, dormir peu conduirait à manger 385 kcal (calories) de plus sans que la dépense énergétique ne varie (2). Les personnes ne dormant pas assez ingéreraient plus d’aliments gras, moins de protéines (pas de variation pour les glucides). Chez l’adolescent en revanche le manque de sommeil conduit à une consommation plus grande d’aliments sucrés (3).

Chez l’enfant, comme chez l’adulte, le lien entre manque chronique de sommeil et obésité est bien établi (4, 5).

Le diabète

Le manque de sommeil chronique semble conduire, selon les études scientifiques, à une diminution de la sensibilité à l’insuline et à un risque plus important (de 37% en moyenne) de développer un diabète de type 2 (5). La perte de sensibilité à l’insuline explique la prise de poids et constitue l’une des premières étapes du diabète. Par ailleurs, chez les personnes déjà diabétiques, les troubles du sommeil s'accompagnent d'une dégradation du contrôle de la glycémie. Résultats : plus de complications. Bien dormir semble donc crucial lorsqu’on est à risque de diabète (antécédents familiaux, surpoids, glycémie élevée…) ou diabétique.

Les maladies cardiovasculaires

Pour les scientifiques, le manque de sommeil chronique induit différents types d’effets biologiques parmi lesquels une augmentation du stress oxydant et une altération de la réponse inflammatoire, des mécanismes en jeu dans les maladies cardiovasculaires (6). Et les études épidémiologiques montrent que le manque de sommeil chronique est associé aux maladies coronariennes, à l’hypertension et à l’arythmie (et ce, indépendamment des facteurs économiques ou démographiques). Dormir peu, ou à l’inverse trop, peut aussi augmenter le risque d’avoir un accident vasculaire cérébral selon une étude européenne récente (7).

Les troubles de l'humeur

Sommeil et dépression sont fortement liés, de nombreuses preuves en attestent. Les personnes en dépression tendent en général à dormir trop longtemps. En privant ces personnes de sommeil, on peut améliorer leurs symptômes dépressifs. Mais le manque de sommeil peut aussi augmenter des troubles de l’humeur ou induire une dépression. Dans ce contexte, le lien entre sommeil et dépression reste difficile à saisir. Ce que l’on sait toutefois, c’est que le manque de sommeil chronique peut aggraver les symptômes d’une dépression et l’insomnie se retrouve fréquemment parmi les tous premiers symptômes d’une dépression (8).

Le cancer ?

Les travailleurs de nuit sont plus à risque de cancer, ce qui suppose qu'il y a un lien entre le sommeil et cette maladie. Le manque chronique de sommeil entraîne notamment la formation d’espèces réactives de l’oxygène, donc augmente le stress oxydant, ce qui pourrait favoriser la survenue d’un cancer. Les études sur le lien entre cancer et manque de sommeil ne sont cependant pas très nombreuses et souvent contradictoires. Le lien entre manque de sommeil et cancer ne semble donc pas vraiment établi.

Le cercle vicieux des problèmes digestifs

Un mauvais sommeil peut conduire à une exacerbation des troubles digestifs via la formation de molécules inflammatoires, c’est le cas pour le reflux gastro-œsophagien par exemple. Mais le reflux, la dyspepsie ou le syndrome du côlon irritable peuvent aussi affecter les cycles du sommeil et conduire à un manque chronique de sommeil. (9)

Pour se sentir en forme, éviter les accidents, être performant au travail et pour toutes les raisons santé évoquées ci-dessus, mieux vaut dormir d’un sommeil de qualité, idéalement entre 7 et 9 h par nuit. Si ce n’est pas votre cas, et que vous souhaitez passer à nouveau de bonnes nuits, faites-vous aider d’un spécialiste, ou appliquez le programme de Shawn Stevenson dans 14 jours pour bien dormir .

Les maladies neurodégénératives

Depuis peu, les troubles du sommeil sont associés aux facteurs de risque en cause dans les maladies neurodégénératives notamment la maladie d’Alzheimer et de Parkinson. Le manque de sommeil chronique entraîne des changements au niveau du cerveau par l’accumulation des protéines bêta-amyloïde et Tau (marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer). Une étude qui a suivi des patients pendant 6 ans indique en effet un risque 1,5 fois plus élevé de développer la maladie d'Alzheimer chez les patients dont le sommeil est très fragmenté par rapport aux personnes dormant bien (10). D’autres chercheurs ont déterminé que les personnes se plaignant subjectivement d'insomnie présentaient un risque accru de 33% de démence en général et de 51% de maladie d'Alzheimer par rapport aux personnes sans insomnie.

D’autres recherches sont en cours pour évaluer la responsabilité des troubles du sommeil dans d'autres maladies neurodégénératives comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et la démence.

La santé mentale des adolescents

Sommeil et santé mentale sont intimement liés. Au moment de la puberté, les adolescents expérimentent des modifications de leur rythme circadien appelées « retard de phase » les empêchant de s'endormir suffisamment tôt pour obtenir leurs nécessaires 9 heures de sommeil, étant donné les horaires très matinaux de l’école. La tentative de rattraper ces heures de sommeil manquées durant le week-end ne compense pas le sommeil perdu.

Si ce manque chronique de sommeil des adolescents entraîne une augmentation de l’inattention, de la somnolence, de la mauvaise humeur et a un impact immédiat sur leurs résultats scolaires, à terme il peut aussi engendrer des troubles de la santé mentale (dépression, anxiété) selon une étude (11). Ces troubles sont liés à un mauvais développement du cerveau, notamment des zones en causes dans la gestion des émotions, à cause du manque de sommeil.

Sources :https://www.lanutrition.fr/bien-etre/le-sommeil/5-consequences-du-manque-de-sommeil?utm_source=LN&utm_medium=email&utm_campaign=NewsMcdi-200129&IDCONTACT_MID=a64b83618c660d20647535e

(1) Itani O, Jike M, Watanabe N, Kaneita Y. : Short sleep duration and health outcomes: a systematic review, meta-analysis, and meta-regression. Sleep Med. 2016 Aug 26. pii: S1389-9457(16)30138-1. doi: 10.1016/j.sleep.2016.08.006.

(2) Al Khatib HK, Harding SV, Darzi J, Pot GK. The effects of partial sleep deprivation on energy balance: a systematic review and meta-analysis. Eur J Clin Nutr. 2016 Nov 2. doi: 10.1038/ejcn.2016.201.

(3) Simon SL, Field J, Miller LE, DiFrancesco M, Beebe DW. : Sweet/dessert foods are more appealing to adolescents after sleep restriction. PLoS One. 2015 Feb 23;10(2):e0115434. doi: 10.1371/journal.pone.0115434. eCollection 2015.

(4) Chaput JP. : Is sleep deprivation a contributor to obesity in children? Eat Weight Disord. 2016 Mar;21(1):5-11. doi: 10.1007/s40519-015-0233-9.

(5) Gutiérrez-Repiso C, Soriguer F, Rubio-Martín E, Esteva de Antonio I, Ruiz de Adana MS, Almaraz MC, Olveira-Fuster G, Morcillo S, Valdés S, Lago-Sampedro AM, García-Fuentes E, Rojo-Martínez G. : Night-time sleep duration and the incidence of obesity and type 2 diabetes. Findings from the prospective Pizarra study. Sleep Med. 2014 Nov;15(11):1398-404. doi: 10.1016/j.sleep.2014.06.014.

(6) Tobaldini E, Costantino G, Solbiati M, Cogliati C, Kara T, Nobili L, Montano N. : Sleep, sleep deprivation, autonomic nervous system and cardiovascular diseases. Neurosci Biobehav Rev. 2016 Jul 7. pii: S0149-7634(16)30218-4. doi: 10.1016/j.neubiorev.2016.07.004.

(7) Leng Y, Cappuccio FP, Wainwright NW, Surtees PG, Luben R, Brayne C, Khaw KT. : Sleep duration and risk of fatal and nonfatal stroke: a prospective study and meta-analysis. Neurology. 2015 Mar 17;84(11):1072-9. doi: 10.1212/WNL.0000000000001371. Epub 2015 Feb 25.

(8) Sabrina T Wiebe, Jamie Cassoff, and Reut Gruber : Sleep patterns and the risk for unipolar depression: a review. Nat Sci Sleep. 2012; 4: 63–71.

(9) Vikesh Khanijow, Pia Prakash, Helene A. Emsellem, Marie L. Borum, David B. Doman : Sleep Dysfunction and Gastrointestinal Diseases. Gastroenterol Hepatol (N Y). 2015 Dec; 11(12): 817–825.

(10) Sohaib A Shamim, Zain I Warriach, Muhammad Ali Tariq, Kiran F Rana and Bilal Haider Malik. Insomnia: Risk Factor for Neurodegenerative Diseases. Cureus. 2019 Oct; 11(10): e6004.

(11) Jamieson, D., Broadhouse, K. M., Lagopoulos, J., & Hermens, D. F. (2019). Investigating the Links between Adolescent Sleep Deprivation, Fronto-limbic connectivity and the Onset of Mental Disorders: A Review of the Literature. Sleep Medicine. doi:10.1016/j.sleep.2019.08.013

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